JOURNALISME:

Chroniques d'opinions et enjeux

postheadericon Nicolas, Dominique…et les chiens perdus sans collier

07/01/2011

Nicolas Sarkozy et Dominique Strauss Kahn, qu’on les aime ou pas, que l’on soit pour ou contre, de gauche, de droite ou du centre, d’un bord à l’autre d’un genre humain constamment en quête de dieux à adorer, ont en commun la force, peut-être la prédation, c’est certain l’instinct de survie, mais aussi du courage. Un authentique courage et des forces qui les animent tous les deux, dans lesquelles l’absence d’inhibitions et le manque de scrupules ne sont pas exclus, mais qui si elles s’apparentent à celles des loups et des chefs de meute, sont une nécessité dans le cercle des hommes bêlants qui les entoure, plus ou moins rapprochés et prompts à se mettre dans leurs pas, dans l’espoir d’y récupérer un peu de cette aura singulière qui émeut les foules et qui les magnifie au point qu’elles s’allient à eux, plus pour ce qu’ils sont, que pour leurs programmes.

Des fédérateurs en somme, qui peuvent nous exaspérer, que nous pouvons haïr ou craindre, mais estimer aussi. Et même aimer…

Et pour paraphraser Jean de la Fontaine, ce ne sont pas les chiens de traîneaux qui leur collent aux pattes et au derrière qui diront le contraire, incapables qu’ils sont de tirer dans le bon sens et jusqu’à l’objectif, s’ils n’y étaient entraînés par leurs chefs, justement.

Jusque-là tout va bien ou presque. Les problèmes surgissent lorsque quelques bâtards sans noms et sans colliers, des roquets des campagnes, dépenaillés et boiteux, l’œil torve et le poil hirsute, tels des chacals affamés tournent autour du traîneau, subtilisant par-ci et par-là des miettes abandonnées, s’aventurant jusqu’à marcher au pas de l’attelage pour donner l’illusion qu’ils sont de ce banquet de la vie. Notez que je n’ai pas écrit « avoir l’illusion » ce qui aurait pu être touchant nul n’étant responsable de la mauvaise qualité de ses neurones, voire de son âme, mais « donner l’illusion » qui implique plus de perversions que de manques réels, d’instincts dévoyés plus que de manques d’instincts.

 

Des chiens de misère donc, qui tournicotent et aboient, se « dératent » pour rattraper la tête d’un traîneau qu’ils voudraient s’approprier, et dont ils ne dépassent jamais la queue.

Parfois, c’est vrai, quelques toutous des villes, gentils et crédules se laissent prendre à ces « mauvais chiens » qui créent alors des petits clans de borgnes dans des cours de miracles sans merveilles. Mais c’est de cette animalerie archaïque, de l’ampleur de ces meutes formées et de leurs aptitudes à déchirer tout cru les quelques lévriers ou autres élégants conscients qu’hors crocs et gueule même les chiens ont une âme, qu’émergera dans quelques mois, un nouveau chef, celui qui aura été capable d’hurler le plus fort et de montrer les crocs les plus acérés.

Alors, pour encore paraphraser Jean de la Fontaine : Qu’ils soient chiens ou hommes, les êtres vivants ont toujours besoin d’idoles à adorer, de pères pour les soutenir, de rails pour les protéger, de clans pour exister, de tribalités ou se fondre, d’arènes où s’affronter, se dévorer, se déchirer…

 

Parler du peu d’élévation de l’âme humaine dans cette nouvelle année qui s’annonce, et alors que certains, les lévriers justement croient pouvoir changer le cours des choses, c’est comme une indécence, une blessure peut-être ? Mais l’observation des sociétés démontre combien sur la planète nous sommes toujours dans la préhistoire, et poussière de poussière de poussière d’étoiles dans le grand univers, soit rien ou presque, alors…Mais Peut-être ne suis-je que dans l’impudeur naturelle de tous les écrivains, de tous les créateurs aussi. Seule « l’âme mise à nue » pour nous fait sens, avec l’envie irrépressible d’un seul qui comprendrait. Un seul comme une récompense, une reconnaissance. La règle. Un seul amour et tout l’amour du monde.

 

J’ai posé une très grande toile contre le mur, trop grande pour mon chevalet. Sur France Musique, Mozart. Tais-toi mon cœur, j’ai besoin de force, alors un Cd des chants révolutionnaires d’Amérique du Sud, ça va mieux le faire. Un médicament avec un peu de vin contre cette saleté de tendinite qui traîne, histoire de l’oublier un peu, et de nouveau j’anticipe des lignes et des matières, des couleurs, du ressenti, de l’émotion. De nouveau je vole au-dessus des nuages, là où tout est un et indivisible. J’invente, je réalise, je suis tout et capable de tout. Sous mes doigts barbouillés de peinture, le blanc sur la toile s’insurge puis s’apaise, s’adoucit se transforme, devient l’enfant, le ciel et la terre, toi et moi et le bleu, s’envole, loin, très loin des chiens qui mufles au sol, ramassés pour la dévoration, attendent la curée.